Observatoire du cycle 2020 : Le vélo, une solution d’avenir qui doit être accompagnée

Publié le 4 mai 2020 à 13h20 dans Economie du sport

Le marché du cycle a poursuivi sa progression en 2019, avec 2,33 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une augmentation de 10,1 % par rapport à 2018. Une croissance qui doit toutefois être relativisée, au regard de la baisse sensible du nombre de vélos vendus sur l’année (- 2 %) et des difficultés que rencontre désormais le secteur dans le contexte de crise du Covid-19. Alors que son usage doit s’imposer comme un enjeu de santé publique, le vélo a plus que jamais besoin d’être reconnu et soutenu par les pouvoirs publics.

Le marché du cycle poursuit sa dynamique

Avec un chiffre d’affaires de 2,33 milliards d’euros, le marché du cycle progresse de 10,1 % en valeur par rapport à 2018.

Une augmentation qui s’explique notamment par :

  • Une mutation du marché qui se poursuit au profit du vélo à assistance électrique (VAE)

Avec 388 000 engins vendus (+ 12,1 %) et un prix moyen en augmentation de 10 % (1 749 €), le VAE représente désormais 45,2 % du marché en valeur et s’impose comme un segment pivot du secteur.

Si les VAE sont toujours largement plébiscités pour les déplacements quotidiens des Français (74,7 %), les VAE à usage sportif sont en plein essor (+ 36,6 % de progression en volume par rapport à 2018).

  • La montée en gamme des vélos achetés par les Français

On observe une demande croissante de vélos de qualité (plus confortables pour une pratique inscrite dans la durée), à un prix plus élevé, y compris pour les vélos musculaires : le prix moyen des vélos (musculaires et VAE) vendus en 2019 est désormais de 566 €, soit une progression de 15 % par rapport à 2018.

On constate également une forte demande des Français en matière de service de maintenance, témoignant de cette exigence de qualité. Ces services ont représenté 56,4 millions d’euros en 2019.

L’achat de vélos doit être accompagné

Si le marché progresse en termes de chiffre d’affaires, les ventes en volume sont en diminution depuis deux ans. Evaluée à 3,6 % en 2018, cette baisse des ventes s’est poursuivie à hauteur de 2 % en 2019. 

Les vélos musculaires en souffrent particulièrement, avec une baisse de 4,1 % enregistrée en volume. Si l’on observe un léger rebond du vélo de route, d’autres segments s’effondrent, en particulier le VTT (-10 %).

Cette tendance observée depuis deux ans correspond notamment à l’arrêt du bonus écologique de l’Etat, qui a freiné l’achat de vélos des Français. Si la France a l’ambition de devenir une véritable nation du vélo, elle doit s’en donner les moyens en incitant les citoyens à s’en procurer plus facilement.

Le vélo est plus que jamais un enjeu de santé publique

Alors que l’Etat, les collectivités, les entreprises et les citoyens se préparent à l’après-confinement, les circonstances inédites que nous traversons doivent être l’occasion de repenser les habitudes et les modes de transport au quotidien.

Parce qu’il permet une distanciation sociale de fait, tout en étant un outil essentiel de la transition écologique et solidaire, le vélo doit s’imposer comme la solution la plus pertinente pour les déplacements des Français. Il est aussi l’un des gestes barrières à adopter pour contribuer à l’enrayement de l’épidémie. Pour y parvenir :

  • Les entreprises du cycle et des mobilités actives doivent être soutenues

Ces entreprises ont, elles aussi, été lourdement touchées par la crise du Covid-19. Dans une enquête de conjoncture réalisée par l’UNION sport & cycle, les magasins spécialisés dans la vente et la réparation de cycle font état d’une perte de chiffre d’affaires estimée à 170 millions d’euros pour ce premier semestre 2020 (par rapport au premier semestre 2019) et d’un fort besoin de trésorerie. 63 % de ces entreprises déclarent avoir recours au chômage partiel.

  • L’usage du vélo doit être promu et facilité

D’après une étude que l’UNION sport & cycle a menée en partenariat avec Sport Heroes :

  • 10 % des pratiquants de vélos ont acheté un home trainer pour pouvoir continuer à pédaler chez eux pendant cette période de confinement
  • 96 % des usagers considèrent le vélo comme une solution pertinente pour le déconfinement, à la fois pour faire de l’exercice physique et pour les déplacements du quotidien (se rendre au travail, faire ses courses, voir ses amis…)

–          Pour encourager cet usage, 95 % préconisent la mise en place de parkings sécurisés, 89 % souhaitent la mise en place de pistes cyclables temporaires dans les villes et 84 % estiment que le forfait mobilité devrait être obligatoire.

L’aide à la réparation de vélos annoncée par la ministre de la Transition écologique et solidaire est une mesure salutaire pour permettre aux Français de se remettre en selle post-confinement. Ce coup de pouce doit à notre sens être renforcé. Aides à l’achat, aménagement de pistes cyclables, renforcement du forfait mobilité : le développement de l’usage du vélo est un enjeu de santé publique qui doit être porté par l’ensemble des pouvoirs publics.

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