« EUX AUSSI FONT LE SPORT FRANÇAIS… » avec Claire RABES, Directrice des affaires publiques & des relations extérieures de l’UNION Sport & Cycle

Publié le 4 septembre 2019 à 10h40 dans Eux aussi font le sport français...

Elles/ils sont DG d’institution sportive, expert du sport business, avocat, chasseur de têtes, DG d’association d’élus locaux, lobbyiste, DTN, élu d’institutions sportives ou directeur des sports de collectivité territoriale, ils connaissent le sport français, ses enjeux, ses acteurs mais on les entend peu dans les médias. Olbia le blog a souhaité leur donner la parole afin d’en savoir plus sur leur parcours professionnel, leur vision du sport français, les enjeux de leur institution ou de leur entreprise. Nous poursuivons notre série « Eux aussi font le sport français… » avec Claire Rabes, Directrice des affaires publiques & des relations extérieures de l’UNION Sport & Cycle.

Tu as débuté ta carrière comme attachée parlementaire puis tu as rejoint le cabinet ministériel de Patrick Kanner comme conseillère parlementaire. Peux-tu nous parler de cette expérience politique ? 

Quand j’arrive à l’Assemblée nationale, c’est ma première expérience professionnelle après mes études et mes stages. Une expérience professionnelle forcément un peu particulière puisqu’elle est couplée à un engagement militant.

Concrètement, je travaille auprès de députés et je dois donc suivre les projets de loi au plan national, sur des thèmes très différents et notamment à l’automne 2012 le débat sur le « mariage pour tous » et, au plan local, toutes les problématiques liés aux territoires dans lesquels la députée est élue. C’est un peu particulier car ma députée est élue pour la circonscription Amérique du Nord (Etats-Unis/Canada) donc ce sont les sujets pour les « Français de l’étranger » de l’accès à la complémentaire santé, aux droits à la retraite, à l’éducation, etc.

Au-delà du Parlement, et comme le système politique est d’abord centré sur les projets du Gouvernement, je suis allée en cabinet, auprès de Patrick Kanner qui était ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. C’était un portefeuille large et je m’occupais des relations parlementaires, c’est-à-dire des relations entre le ministre et son administration avec les sénateurs, les députés mais aussi les élus locaux, les maires, les conseillers régionaux et départementaux. On discutait contrôle URSSAF des clubs autant que de sport-santé avec l’adoption des mesures « sport sur ordonnance » par exemple. Mais sur la politique de la ville, on parlait services publics de transports dans les quartiers, et pour la jeunesse, l’engagement en service civique volontaire…  
C’est un travail dans lequel on s’investit beaucoup, professionnellement et personnellement, on a forcément une vision assez globale et il faut faire attention à ce qu’elle colle bien avec la réalité, c’est pour cela qu’on rencontre beaucoup d’acteurs engagés. Ces 5 ans ont été passionnants, formateurs et aussi fatigants. C’est bien et nécessaire de passer à autre chose, ensuite.

Et la suite, c’est Directrice des affaires publiques & des relations extérieures chez UNION Sport & Cycle, depuis 2 ans. Quel est ton quotidien ?

Mon quotidien à l’UNION sport & cycle, c’est d’abord la promotion des activités physiques et sportives pour toutes et tous. Cela passe par la représentation de nos entreprises adhérentes et la valorisation de leurs métiers auprès des pouvoirs publics, des élus et des administrations. Nous regroupons toute la chaîne de valeur du sport, du fabricant au prestataire de service alors les sujets sont diverses, et il faut que tout le monde trouve sa place. Mon métier consiste à être aux contact des pouvoirs publics pour informer et apporter une expertise lié à notre filière des entreprises du sport. 

Cela consiste à travailler sur les projets de loi comme celui sur l’économie circulaire qui sera discuté au Parlement à la rentrée et sur lequel l’administration travaille déjà, notamment analyser l’impact et les modalités de création de nouvelles filières à responsabilité élargie du producteur, c’est-à-dire, le paiement d’une éco-contribution permettant la collecte, le tri et le recyclage des articles et équipements de sports mis sur le marché. 

En tant que fédération professionnelle, nous travaillons en partenariat avec les associations d’élus aussi, par exemple avec l’ANDES (Association nationale des élus en charge du sport), nous avons créé une association, le Conseil national des Villes Actives & Sportives, sous le haut patronnage du ministère des Sports, pour valoriser les politiques sportives mises en place par les villes. C’est important de raisonner à l’échelle locale pour adapter l’offre des entreprises aux besoins des pratiquants. 

Bien sûr, je travaille aussi sur des sujets transversaux selon les besoins de nos secteurs : cela va, pour le vélo, du travail de remontée de chiffres de marché, de la situation de l’emploi, à notre ministère français de l’économie pour la mise en place au niveau de l’Union européenne de mesures anti-dumping sur les vélos et vélos à assistance électrique en provenance de Chine, qui ne respectent pas les règles de la concurrence à cause de prix cassés à l’export ; à la participation active sur la réforme de l’offre touristique en montagne menée par Atout France et des réflexions sur le calendrier scolaire et les conditions du travail saisonnier en station…

Quels sont les enjeux de l’UNION dans les prochains mois ?

Les enjeux de l’UNION sport & cycle dans les prochains mois sont les projets législatifs en cours. D’abord, le projet de loi sur le gaspillage et pour l’économie circulaire qui sera débattu dès septembre au Sénat et qui comporte des mesures impactant directement les entreprises, sur l’information au consommateur, l’obligation de reprise des commerces, et les nouvelles filières de responsabilité élargie du producteur (dite « REP) pour appliquer une éco-contribution sur les articles de sport comme un tuba, une balle de ping pong, une raquette, etc. Nous organisons d’ailleurs un grand colloque sur la transformation écologique le 1er octobre prochain. 

Ensuite, le projet de loi de finances pour 2020 bien sûr avec des propositions comme l’instauration d’un taux de TVA réduit pour les activités physiques de loisirs. Aujourd’hui, la sédentarité tue, il faut donc utiliser tous les moyens possibles pour valoriser et promouvoir l’activité physique, comme certains de nos voisins européens l’ont fait, Malte et la Roumanie étant les derniers en date.  

Au-delà de ces enjeux législatifs, l’UNION participe en tant que membre fondateur à l’Agence nationale du sport, qui lancera véritablement ses travaux en septembre, notamment dans le cadre du comité de programmation des équipements sportifs. Il y a également le GIE – groupement d’intérêt économique – qui doit incarner la filière pour « chasser en meute » sur les marchés des grands événements sportifs internationaux. 

Bref, de gros défis à venir pour le syndicat !Q

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